Linogravure Richard Brautigan

Portrait de l’écrivain Richard Brautigan en linogravure, format A4.

« I drank coffee and read old books and waited for the year to end »

Format A4 / 20 euros + frais de port / infos : dernierechanceeditions[at]gmail[point]com

(Extrait du fanzine The last best place – Journal d’un road trip littéraire dans le Noird-Ouest américain)

Un génie. Un véritable maître de la littérature américaine. Jamais entendu parler ? Pas grave, j’ai attendu jusqu’à récemment pour lire d’une traite tous ses livres. Richard Brautigan est né en 1935 dans le nord ouest des Etats-Unis. Une enfance marquée par la pauvreté, les mauvais traitements et les abandons. J’y peux rien, ce genre d’écrivains et moi, il y a un truc qui colle. Romancier, poète, amoureux des grands espaces, des femmes et de l’alcool, c’est un espèce de vieux dingue en marge de la Beat Generation. Il distribue ses poèmes dans la rue, balance un pavé dans les vitres d’un commissariat pour se faire interner à l’asile, mais parle mieux que quiconque d’amour, d’isolement, de solitude et d’angoisse.
Il passera plusieurs années dans le Montana. Sombrant dans la dépression, il se tirera une balle dans la tête en 1984, rongé par la fin de sa carrière d’écrivain et l’alcoolisme.

J’ai du mal à choisir un seul de ses livres, mais je mettrai en avant Mémoires Sauvées du Vent, dans lequel Brautigan partage un peu de son histoire. On ne sait pas vraiment où s’arrête la part autobiographique et où commence la fiction mais on se laisse aveuglément guider par sa prose. Le récit d’un gamin de douze ans, jamais nommé, marginal et morbide, qui traverse son enfance au travers de rencontres avec des gens étranges.

Dans ce livre, mais dans tous les autres aussi, il use de descriptions improbables et arrive à mettre des mots sur toutes ces petites choses futiles qui nous passent par la tête de temps à autre, ces pensées innocentes et drôles qui traversent l’esprit de nos âmes d’enfant.

Il puise dans tous les genres pour ponctuer ses livres de romance, de poésie ou de western pour au final avoir un style inclassable, parfois complètement délirant.

Et impossible de ne pas mentionner ses poèmes, “Des fleurs de papier avec de l’amour et de la mort” comme il les définit si bien. Il est drôle et nostalgique, à la fois perché et terre à terre. Les sujets tournent souvent autour de l’amour, de la solitude, de l’abandon et des “petites choses du quotidien”. Certains, extrêmement sombres, sont capables de vous arracher des larmes en moins d’une seconde. Et de vous faire rire la page d’après… Toujours minimaliste et inventif, il se pose comme le spécialiste des descriptions imagées. Recueil après recueil le verdict tombe et il est toujours le même : Brautigan n’écrit comme personne d’autre.

Un auteur bien plus en phase avec les truites qu’avec les gens, comme en parlait si bien Jim Harrison…

Difficile de coucher sur papier ce que je ressens clairement, mais quand je lis des poèmes de Brautigan, je SAIS que je vais ressentir un truc que personne d’autre ne ressentira. Il me parle à moi et à moi seule. Il a cette faculté de vous dire les choses simplement mais intimement, de vous percer à nu avec trois lignes et de vous ramasser délicatement comme une fleur fanée. Ces poèmes là m’ont accompagnée quand il le fallait, et continuent de le faire. Je retourne souvent me perdre dans les pages cornées de ses recueils… Brautigan c’est plus qu’un ami, c’est un proche, une bonne âme qui me soulage et me console…  Je ne peux que vous conseiller de lire ses romans et ses fleurs de papier, et de vous laisser guider.