Chronique – Les écrivains du Montana

Extrait du fanzine littéraire Belladonna

 

L’école littéraire du Montana, ça englobe tout un groupe d’écrivains américains contemporains qui ont habité ou habitent encore dans cet état. Une région aux hivers rudes (le thermomètre descend jusqu’à -40 degrés) et aux paysages incroyables qui compte peu d’habitants. Un des rares endroits isolés des Etats-Unis où survit encore le mythe de l’Ouest.

Missoula, la deuxième ville du Montana, regroupe la plus grosse densité d’écrivains par habitant au monde. Tout commence dans les années 60 lorsque plusieurs grands noms de la littérature américaine comme Raymond Carver ou Richard Brautigan s’y installent. L’université locale propose au même moment les premiers cours de creative writing nord-américains après ceux de Harvard. Lorsque le poète Richard Hugo prend la tête du cours, la renommée est telle que des étudiants et des écrivains viennent des quatre points cardinaux du pays pour s’y installer. Richard Hugo travaillera notamment avec James Crumley et William Kittredge, et aidera James Welch à développer sa plume. On a vu pire comme CV.

 

La Génération Montana, aussi connue sous le nom de “l’école Montana” ou du “Montana Gang”, s’est formée à l’université de Missoula lors des nombreuses rencontres littéraires qui animaient -et continuent d’animer- cette ville.

 

Même si les livres traitent des grands espaces et du nature writing, les styles et genres pratiqués ont tous leurs propres caractéristiques. On y trouve autant de la poésie que des nouvelles, des romans et des polars… Leur point commun ? La nature, grandiose et majestueuse, se posant comme un pivot de chacun de ces récits, jusqu’à devenir un véritable personnage.

Ces auteurs, véritable bande à part dans le paysage littéraire américain, ont exercés ou exercent plusieurs métiers; rancher, cow-boy ou charpentier. Bref, des hommes de terrain qui écrivent sur leur quotidien comme Jim Harrison, Larry Watson, Thomas McGuane, Richard Ford, Rick Bass… Des écrivains passionnés et cabossés, les dignes héritiers de Jack London, Thoreau, Kerouac ou Mark Twain.

La littérature, c’est l’industrie principale des habitants de Missoula. Ce “paradis pour écrivains” accueille encore aujourd’hui un nombre considérable d’auteurs publiés et les ateliers de creative writing de la ville sont réputés dans le monde entier, continuant de façonner et d’influencer des milliers d’amoureux des livres.

 

Vous l’aurez compris, à la simple évocation de Missoula, ce paradis sur terre -selon mes critères- j’ai les yeux qui s’humidifient, une boule dans le ventre, et une grosse envie de charger ma valise -de livres, bien entendu- pour mettre les voiles. Pendant que certains rêvent de siroter une pina colada en regardant le coucher de soleil, moi j’ai juste envie d’assister à un cours de creative writing, humer la bonne odeur de leur vieille bibliothèque universitaire, et rendre hommage à tous ces écrivains du Montana Gang qui m’inspirent tant au quotidien. On se voit bientôt, Missoula.