Chronique – Le cycle de la Tour Sombre – Stephen King

Enfance, lecture, aprem bibli et Stephen King.

 

– Vous croyez à une vie après la mort ? demanda le Pistolero à Brown qui lui servait trois épis de maïs chauds dans l’assiette. 

Brown acquiesça. 

– Il me semble qu’on est en plein dedans.

 

Forcément, si je me lance dans une chronique sur un des bouquins de Stephen King, je vais déraper. Tellement de choses à dire, tellement de livres géniaux et d’histoires marquantes pour moi. Il a été une de mes très grosses influences, à tel point que j’ai bâti tout un culte autour de ses livres.

Gamine, mon penchant pour les histoires d’horreur s’est vite fait sentir, et c’est par ce biais que je me suis intéressée au cinéma de genre (Mention spéciale pour R.L Stine et ses histoires d’épouvante pour enfants dans les collections Chair de Poule et Peur Bleue).

 

J’ai quasiment dévoré l’intégralité de sa bibliographie. Depuis ma plus tendre enfance, planquée sous ma couette, à dégommer les pages jusqu’à ce que mes yeux se ferment au milieu de la nuit. S’il y a bien un auteur qui a participé à mon adoration de gros bouquins, de monstres à écailles et de maisons hantées, c’est bien lui, le Grand Patron !

 

Que ce soit signé Stephen King ou Richard Bachman, son alias pour les histoires plus noires et plus cruelles, je fonçais tête baissée. Bazaar, gros traumatisme de mon enfance… Jessie, j’avais pas encore trop saisi l’attrait de se faire attacher au plumard à 11 ans… Cujo, et je ne peux plus croiser un Saint Bernard sans avoir le ventre qui se contracte… Ah, et ces horribles bestioles dans dans Tommyknockers… Je ne parle même pas de Grippe-Sou, ce sale (je reste polie) clown qui m’a fait faire plus d’un cauchemar.

 

Tout lu ? Presque. Mais il me manquait cependant une pièce majeure dans l’œuvre du King : La Tour Sombre. Série de huit romans, 5000 pages, 1 364 372 mots, pour plusieurs dizaines d’heures de lecture. Tout ça à situer entre fantasy, western, horreur et aventure.

 

Mais est-ce que je peux vraiment me définir comme une fan de Stephen King sans avoir touché à La Tour Sombre ? Zou, cet hiver fut donc la période parfaite pour me lancer un défi avec moi-même : lire d’une traite l’intégralité de cette saga. Sans tricher. Ne pas s’aérer la tête, ni se rincer les idées avec d’autres livres, éviter les adaptations/films, et rester le plus possible immergée dans cet univers à part qu’est La Tour Sombre. S’y plonger tous les jours, sans exception.

 

Pour faire bref, ça va pas être de la tarte. Roland est le dernier des pistoleros. Il vit dans la contrée de Gilead, un monde plongé dans une ambiance western et magicien. Imaginez la rencontre du désert façon trip post-apocalyptique et celui, plus classique, digne des meilleurs films avec John Wayne… mais avec de la magie et des robots futuristes !

Dès le premier tome, on suit notre héros, accompagné de plusieurs compagnons de route,  dans sa recherche de l’énigmatique Homme en noir, puis dans sa quête vers la Tour Sombre. Cette épopée vers le centre des mondes pourraient se révéler primordiale pour l’avenir des planètes…

 

Cette série représente un énorme travail, que Stephen King a écrit sur plus de quarante ans et qu’il définit lui-même comme le « Jupiter du système solaire de son imagination ».

 

L’univers y est incroyablement riche, et apparaissent, au détour des pages et des sous-intrigues, d’autres personnages bien connus de ses lecteurs : Randall Flagg, Ted Brautigan ou encore le Père Callahan. Tous personnages principaux dans d’autres de ses romans qui n’ont rien à voir avec la Tour Sombre : Salem, Coeurs Perdus en Atlantide, Le Fléau, etc.

 

Autre particularité, pour décrire les mondes, Stephen King a inventé un jargon, une géographie et même une religion. Il n’est pas fan de Tolkien pour rien !

 

Honnêtement, les romans ne se valent pas tous, certains ne sont que transition et l’histoire n’avance pas toujours comme elle le devrait. Stephen King lui même a avoué qu’il n’était pas sûr d’aller jusqu’au bout de la folle entreprise qu’il s’était fixé… ni même certain de donner une fin à ses fans. C’est un grave accident de la route, en 1999, qui a redonné un nouveau souffle à la quête du pistolero. Ayant frôlé la mort de très près, il va s’inspirer de ces événements pour faire avancer le récit. Ainsi, Stephen King lui même apparaît comme un personnage primordial : l’écrivain d’un livre s’appelant La Tour Sombre. Il va devenir un des personnages clé de la saga et aidera le pistolero à résoudre certaines questions… Ca a l’air tordu mais la mise en abîme est réussie !

 

Bien que très différent du reste de son œuvre, on y retrouve indubitablement la touche de la star du Maine : les clins d’œil pour ses fans, l’amour de la pop culture et des personnages travaillés.

 

Comme j’ai pu le constater sur les sites et forums spécialisés, la fin ne satisfait pas tous ses fans. Je ne vais pas en dire plus ici, mais je dois avouer faire partie des déçus pour le dénouement. En même temps, que cela soit bien clair, j’ai adoré le voyage avec Roland, Jake Eddie et Susannah, et une fin un peu bâclée (ça, c’est mon avis) n’a même pas suffi à me faire regretter ces semaines passées avec le Ka-tet de Roland.

 

Si vous êtes prêts, foncez, c’est un super voyage que je conseille sans hésiter ! Mais surtout, et peu importe ce qu’on vous dit, ne regardez pas cette horreur qu’est l’adaptation ciné.

 

Allez, comme dirait Roland: que vos journées soient longues et vos nuits plaisantes !