Chronique – Greasepaint and Gore: The Hammer Monsters of Roy Ashton – Bruce Sachs et Russell Wall

Extrait du fanzine littéraire Belladonna

 

 

Vampires, monstres à écailles,  momies et loups-garous ! Voilà un livre bien complet qui plaira aux fans de cinéma de genre : la biographie de Roy Ashton. Grand maître des effets spéciaux make-up, il est, avec Phil Leakey, le maquilleur phare de la Hammer.
Créée en Angleterre dans les années 50, cette société de production fait encore aujourd’hui des émules parmi les nerds d’horreur gothique que nous sommes. Le recette était simple mais efficace, des acteurs mythiques comme Christopher Lee ou Peter Cushing interprétant des rôles classiques : Dracula, la Momie, Frankenstein… Horreur, érotisme, vampires et technicolor !

 

Ce bouquin, malheureusement non traduit (si quelqu’un veut se pencher sur ce sujet, d’ailleurs…) raconte sa carrière depuis ses jeunes années en Australie. Après un stage chez la Gaumont British Film Corporation, il se retrouve un peu par hasard à bosser pour la Hammer et se fait remarquer grâce au superbe maquillage de The Man Who Could Cheat Death (1959). S’en suivent ensuite les grands classiques tels que la Femme-Reptile, le Loup-Garou, la créature de Frankenstein, la Gorgone…
Malgré un budget toujours serré et des limites de temps, il a dû souvent besogner en amont, sur son temps libre, avant même que le reste des équipes ne pose un pied sur les plateaux, pour être prêt au premier jour de tournage. On parle de semaines de travail non payé, uniquement motivé par l’amour pur et simple des créatures. Il a su se débrouiller avec les moyens du bord et fabriquer des effets spéciaux traditionnels, en polluant le four de la cuisine familiale et en faisant sécher des moulages dans le salon. Clairement, la patience et la passion de Roy Ashton ont énormément apporté à la Hammer et ont grandement contribué au succès des films qui sont entrés dans la légende.

 

Les auteurs du livre ont fait un énorme travail de recherche pour compiler tout un tas de documents, des photos, des croquis, des dessins, des notes, des explications sur les différentes techniques… 170 pages quand même !
Avec des témoignages de Roy Ashton lui-même, qui participa à l’élaboration de ce livre avant sa mort, et de sa veuve ainsi qu’un prologue de Peter Cushing !

 

On retrouve également pas mal d’anecdotes amusantes, comme la mauvaise fermeture en travers du costume de la momie ou Christopher Lee qui chante de l’Opéra pendant ses longues sessions make-up qui pouvaient durer jusqu’à 6h, un véritable supplice pour les acteurs. D’autres carrément un peu glauques, comme l’utilisation des cheveux des condamnés à mort ukrainiens pour la fabrication de perruques…

 

Un beau bouquin, format A4, couverture souple, des photos qui ne sont pas toutes de top qualité (dont une partie en noir et blanc), mais on sent le travail de passionné (sorti chez un petit éditeur anglais, Tomahawk Press), trouvable pour pas bien cher en ligne.

 

Bien avant les effets spéciaux numériques, Roy Ashton a fait rêver toute une génération et continue de fasciner encore aujourd’hui. Il fait partie de ces grands noms des effets spéciaux qui ont su me transmettre l’amour des créatures, avec Rick Baker, Stan Winston, Rob Bottin, Dick Smith, Phil Tippett et j’en passe. C’est grâce à eux toutes ces images de loup-garous, de vampires et de monstres sanguinolents que j’ai en tête depuis les premiers films d’horreur que j’ai vu… Ces mêmes images qui ornent les murs de mon appartement et que j’adore… Monster Kid !